Dans le cadre des services publics
Une interprétation en langue des signes est organisée dans un grand nombre de services publics, par exemple lors d’une réunion de parents à l’école, d’une consultation médicale ou d’un enterrement. Dans ces situations, les interprètes en langue des signes permettent aux personnes sourdes, malentendantes ou sourdes et aveugles de communiquer avec des personnes ne partageant pas leur langue.
Les réunions courtes (d’une heure au maximum) sans exigences particulières peuvent généralement être assurées par un(e) seul(e) interprète. Les événements de communication plus longs, tels qu’un conseil municipal, nécessite en général au moins deux interprètes qui travaillent en tandem.
Étant donné que de nombreuses interactions avec les services publics se déroulent de manière individuelle, les personnes qui n’ont pas l’habitude de recourir à l'interprétation en langue des signes peuvent penser que l’interprète est un participant. En réalité, l’interprète a pour unique fonction de permettre la communication, et non de prendre part à la discussion. Sa tâche consiste à assurer une interprétation exacte et adaptée à la culture tout en préservant la confidentialité.
Les langues des signes ne sont pas universelles. Avant de réserver, les clients doivent confirmer quelles langues signées et vocales seront utilisées lors de la réunion et veiller à ce que des interprètes dûment formés et qualifiés soient engagés. Il se peut que les personnes communiquant en langue des signes préfèrent recommander des interprètes avec lesquels ils collaborent régulièrement. Donner un aperçu du contenu de la réunion permet aux interprètes de se préparer efficacement. Même si les interprètes sont qualifiés pour interpréter un large éventail de sujets, il est tout de même important de vérifier leurs qualifications et leur expertise spécifique pour la tâche à accomplir.

De nombreux pays de l’UE ont mis en place une législation et une réglementation pour garantir aux personnes sourdes, malentendantes ou sourdes et aveugles un accès à l’interprétation en langue des signes. La portée de ces dispositions varie d’un pays à l’autre et peut être limitée, par exemple, au niveau du nombre d’heures d’interprétation gratuites ou de la disponibilité d’interprètes.
Contexte juridique
Les interprètes en langue des signes travaillent dans différents contextes juridiques, allant d’une salle d’audience à un poste de police. Un interprète doit posséder des qualifications spécifiques pour travailler dans un contexte juridique. Celles-ci peuvent être vérifiées au moyen d’un registre national des interprètes juridiques ou d’un système de certification national ou régional comparable.
Les interprètes sont liés par un code de conduite professionnel, qui intègre la confidentialité, l’impartialité, l’exactitude et la fidélité. On peut citer à titre d’exemples le code de conduite des personnes enregistrées et des stagiaires réglementés des registres nationaux britanniques des professionnels de la communication travaillant avec des personnes sourdes ou sourdes et aveugles et le code de conduite du registre des interprètes en langue des signes irlandais. Ces codes visent à
- définir des obligations en matière de confidentialité, d’impartialité, d’exactitude et de compétence professionnelle (y compris la formation professionnelle continue);
- décrire les mécanismes de gestion des conflits d’intérêts et des plaintes.
En fonction de la situation, un ou deux interprètes peuvent être nécessaires. Les règles nationales du pays où la procédure se déroule fixe les exigences en matière de services d’interprétation. En ce qui concerne les procédures pénales, la directive 2010/64/UE relative au droit à l’interprétation et à la traduction dans le cadre des procédures pénales s’applique, y compris pour les procédures liées au mandat d’arrêt européen.
JUSTISIGNS
JUSTISIGNS est une initiative financée par l’UE qui détermine les compétences requises pour l’interprétation en langue des signes dans un contexte juridique et propose une formation aux interprètes qualifiés et stagiaires.
Ce projet met en évidence un point essentiel: les lois sont souvent appliquées sur la base d’hypothèses qui ne tiennent pas compte des personnes sourdes et ignorent leurs réalités culturelles, linguistiques et sociales. Ces hypothèses peuvent conduire à une inégalité d’accès à la justice et compromettre le principe selon lequel la justice protège les droits individuels des personnes sourdes.
JUSTISIGNS recense plusieurs facteurs qui y contribuent, parmi lesquels:
- le statut limité ou non reconnu des langues signées, ce qui restreint l’accès à l’information à tous les stades de la procédure juridique;
- une compréhension limitée dans un contexte juridique des contraintes d’interprétation entre deux langues quelles qu’elles soient – difficultés aggravées lors de l’interprétation entre une langue vocale et une langue signée;
- une sensibilisation limitée des professionnels du monde juridique au contexte historique, éducationnel et culturel des personnes sourdes.
Ces facteurs soulignent l’importance de veiller à ce que les personnes communiquant en langue des signes aient accès à des interprètes qualifiés en langue signée dans un contexte juridique.